Un livre à lire !
Le capitalisme est foutu : même ceux qui en profitent le détestent……au moins inconsciemment. Un système ne peut résister à une telle dose de cynisme.
Voila, c’est la phrase du jour de mon pote de toujours, le plus brillant de tous. A propos du trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel. Il parait que sur Facebook, quantité de traders affichent publiquement leur admiration pour ce dernier.
Voila, encore un exemple de la culture au sein de l’Etat parmi ceux qui devraient donner l’exemple, la culture du « je me paye sur la bête », du « oui mais nous on est moins bien payés » (ce qui est faux). Aucune éthique, aucune exemplarité et l’ignorance de voir que ces comportements au plus haut niveau diffuse jusqu’aux échelons les plus modestes la culture de prendre tout ce qu’on peut. L’intelligence est celle de savoir ne pas se faire prendre. L’idiot du village de la semaine est donc ce directeur de cabinet d’un ministre du logement qui se fait pincer par le Canard en train exploiter son logement HLM dans le Ve…
Le préfet a cru bon de sous-louer son HLM lorsqu’il bénéficiait d’un logement de fonction en province, afin d’empocher la marge entre le loyer social et le prix du marché (soit 3500 euros par mois). Ouf, sinon il devait soit rendre son appart, soit le louer « pour rien »… Une gestion en vrai bon père de famille. Les contribuables sont rassurés.
Merci Libé et le Canard.
Selon l’hebdomadaire satirique daté de mercredi, Jean-Paul Bolufer, préfet hors cadre, bénéficie d’un appartement de 190m2 dans le quartier de Port-Royal (Vème arrondissement), avec vue sur la chapelle du Val-de-Grâce, au prix de 6,30 euros le m2. Les prix du secteur, remarque l’hebdomadaire satirique, se situe généralement dans le parc privé entre 20 et 30 euros le m2.Jean-Paul Bolufer se serait vu attribuer ce logement en 1981 quand il était directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac, alors maire de Paris.Selon le Canard Enchaîné, il l’aurait même sous-loué entre 1989 et 1996, alors qu’il avait été nommé à Toulouse puis de 1997 à 2007, alors qu’il bénéficiait d’un logement de fonction à Paris comme directeur des Journaux officiels.
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Je suis toujours stupéfait par l’extrême générosité du système d’assurance-chomâge à l’égard des salariés les plus riches. Pourquoi ? A cause du plafond de l’allocation, très élevé : 5335,20 euros nets par mois. Oui. Vous avez bien lu. Un salarié gagnant 130 000 euros brut par an va pouvoir toucher 5335,20 euros nets par mois d’allocation, pendant 23 mois. Vous ne me croyez pas : allez faire une fausse simulation sur le site des Assedic.
J’entends déjà les économistes me rétorquer que le système d’assurance-chômage est un mécanisme assuranciel, pas de solidarité. La différence : dans un système assuranciel, ce que l’on touche en cas de problème est proportionnel à ce que l’on a donné pour se couvrir du risque. Je paye cher l’assurance contre le vol de mon gros 4×4 mais si on me le vole, je récupère beaucoup. Dans un système de solidarité, on paye en fonction de ses capacités financières (plus je suis riche, plus je paye) et on récupère un montant jugé juste ou approprié. Par exemple , si je gagne beaucoup, je paye beaucoup d’impôts mais il n’y a pas de lien entre ce que je paye et ce que je récupère comme service public gratuit.
Le problème aujourd’hui est le plafond très élevé des allocations chômage : 5330 euros nets par mois alors que le salaire médian en France est de 1484 euros nets par mois (50% des salariés gagnent moins que ce salaire). Le salaire moyen est de 1903 euros nets par mois. Cf. ici.
Pourquoi cela pose-t-il un problème ?
- Un cadre supérieur qui gagne beaucoup va couter au système autant que 6 ou 7 salariés touchant le SMIC et se retrouvant au chômage.
- A ce niveau de qualification, ce cadre va probablement retrouver un emploi ou une activité sans trop de difficultés. Il peut même être tenter de « profiter » de ces 23 mois payés 5300 euros nets à ne rien faire pour décompresser un peu…
- Ce cadre a probablement accumulé une épargne ou un train de vie qui lui permettent de survivre, en contrepartie d’une baisse de son niveau de vie. Pourquoi le système devrait lui permettre de maintenir son niveau de vie ? Gagner beaucoup donne le luxe de pouvoir s’en sortir en cas de coup dur. Si un cadre supérieur doit troquer son Audi Q7 contre une Logan Break ou vendre sa deuxième maison de campagne pour pouvoir financer sa période sans revenus, êtes-vous choqués ?

Pourquoi faut-il être un spécialiste des finances publiques et des régimes sociaux pour comprendre à quoi servent les différents prélèvements figurant sur le bulletin de salaire ?
Un rapport de Bercy sur les aides publiques vient d’évaluer le montant total des aides publiques à 60 milliards d’euros en 2005.
Le montant me parait inoui. C’est autant que le budget de l’Education nationale. C’est légèrement plus que ce que ne rapporte l’impôt sur le revenu des personnes physiques !
Pour mémoire, voici ce que rapportent les différents impôts en France :

Ce montant de 60 milliards d’aide publique aux entreprises recouvre deux grandes masses :
- les allègements de charge ;
- les subventions publiques (Etat, collectivités locales, établissements et agences publiques).
Le plus dingue, c’est que tout cela est complètement distorsif et n’aide pas à mon sens ceux que cela devrait soutenir en priorité : les entrepreneurs, commerçants, artisans, créateurs de très petites entreprises de moins de vingt salariés. Tout simplement parce que c’est compliqué à obtenir, illisible, demande du temps pour identifier l’aide que l’ont peut obtenir ; il faut remplir des dossiers, étudiés par des fonctionnaires qui n’ont pour la plupart jamais créé d’entreprises ; faire des hypothèses pour savoir si l’on remplit les conditions, au risque de voir l’Urssaf débarquer et redresser. Il parait qu’on peut croiser des entrepreneurs qui passent la moitié de leur temps à chasser la subvention…L’assistanat, notre vraie culture d’entreprise.
Quelques pistes de réflexion pour mettre fin à cette culture d’assistanat absurde :
1) Un principe d’interdiction de tout versement direct d’une subvention publique à une entreprise
2) La suppression de tous les dispositifs divers et variés d’allègements de charge
3) Une franchise de charges sociales sur les 20 plus bas salaires pour toutes les entreprises de moins de 1000 salariés.
4) Une baisse massive des charges sociales, en contrepartie de l’absence d’aides et de subventions
Technorati Tags: entreprises, aides, PME